Compote aux épices

13 mai 2012

BONJOUR,

 

Et bien, est-ce que le printemps me fait sortir le museau ?

 

Bon, je ne vais pas faire de longs discours .

Vous parler davantage par images.

D’abord celles de mes petits tas de bouts de laines.P1000851

 

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Ensuite vous dire que ces petits tas proviennent directement de mes branches tricotées. Certains d’entre vous m’ont demandé à les voir. Donc les voici.

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Directement inspirées du travail de  Aurélie Mathigot. Laquelle reprend certaines idées de Magda Sayeg dont je vous recommande un petit coup d’œil sur son site : http://www.magdasayeg.com/home.php

                                                  l'arbre tricoté

 

Sinon, on a dégusté des fraises couronnées avec Héloïse. la fraise

 

Et je me suis adonnée au petit jeu des cristaux de glace hors saison ce qui m’a bien amusée.


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C’est tout pour aujourd’hui.

See you soon, folks.



 

Posté par Alberte-Marie à 14:32 - - Commentaires [2]

25 mars 2012

BERNARD

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Ce n’est, hélas, pas la première fois que quelqu’un meurt dans mon entourage .

Mais il y avait longtemps et, sans le savoir, sans me le dire, je m’en réjouissais.

Pourtant, quand j’ai commencé à réparer quelques ennuis mécaniques sur ma petite personne, une petite cloche a tinté, un petit avertissement en sourdine qui me disait que puisque moi j’entrais dans le cycle des réparations dues à l’usure, j’entrais aussi dans cette zone délicate où l’on peut apprendre d’un moment à l’autre qu’un autre que soi se déglingue un peu aussi…

Je me suis mise à être plus attentive à ce qu’on me racontait comme misères du corps et à regarder différemment mon environnement.

Mais bon, il y avait de la marge et je continuais malgré tout à me moquer gentiment des petits bobos récurant d’un tel ou d’un tel autre.

Bernard, lui, quand il vient et qu’il me raconte ses diverses histoires de corps atteint, il le fait avec un tel humour, un tel je-m’en-foutisme, une sorte de défi et de déni tout à la fois, une foi totale en la solidité de la bête qui en a vu d’autres, que j’ai deux attitudes face à ça : d’abord je le morigène et lui dis de prendre très au sérieux ses misères et d’arrêter de les traiter par le mépris. Et par derrière, je fais, comme lui, confiance a ce grand corps solide, rubicond, si présent, si actif, toujours en recherche de nouvelles aventures sportives, comme le golf, dernièrement.

Car, Bernard, c’est une montagne, une montagne joviale, cabotine, risque-tout, une montagne de gourmandises aussi, d’envies, de tentatives en tout genre, une montagne d’habitudes saines, ancrées, jamais abandonnées : la photographie, le camping car, le Jura, la chimie bien sûr, passionnément, Bernard c’est aussi le goût du partage, de l’échange (surtout quand c’est lui qui parle, hein, Bernard ?), l’entre aide, l’humour à chaque tournant.

Bernard c’est aussi quelqu’un qui ne se raconte pas d’histoires, simple, volontiers volubile sur sa jeunesse, ses premiers attachements, sa famille, quelqu’un de fidèle quoi !

Qui ne se raconte pas d’histoire : et bien justement, quelle a pu être la teneur de ses pensées, ces derniers jours, quand il a vu, indéniablement, que tout foutait le camp, oui, qu’est-ce qui s’est passé dans sa tête solide où le fard n’existe pas ?

Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas mais je souhaite de tout mon cœur qu’il ne s’est pas senti abandonné, que, comme le disait son tout dernier mail, il savait que l’on pensait à lui, intensément, qu’on était là, quelque part, par la pensée, sur cette fréquence d’onde encore inconnue de la Physique et qui tente parfois de communiquer à distance, de transmettre de la force, du courage, de l’amour comme de l’amitié, qui accompagne.

 

On ne t’a pas lâché, Bernard, sache-le, on était là dans l’ombre et déjà le parfum des meilleurs instants se répandait tout alentour. J’espère que tu l’as senti ; mieux, je n’en doute pas.

 

So long, cher camarade .

Enfin, j’ajoute, et ne suis pas la seule à le ressentir, que ta manière brutale et cavalière de nous fausser compagnie, et qui te ressemble si peu, nous laisse désemparés et un brin colère.

Mais quand même on te la souhaite bonne et heureuse ton éternité.

So long !


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Posté par Alberte-Marie à 11:21 - Commentaires [2]
07 octobre 2011

Derniers instants

 

Ces quelques jours, ces quelques heures qu’il nous reste pour sauvegarder la mémoire de ce temps passé là, en famille, dans un environnement apprécié, et des habitudes prises comme à la maison.

Alors on sollicite une fois encore ce compagnon numérique, si pratique, si discret, qu’il nous permet de capter ce dernier clin d’œil, à la va-vite parfois, ce qui donnera quelques photos floues.

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Mais n’importe ! Nous, on saura restituer la netteté de la vision sur ces maisons à péristyle, sur cette fac de droit et son campus arboré qui a tant vu nos pas, sur cette « piscine » œcuménique qui a gardé son mystère, sur la seule et unique piscine particulière que nous ayons vue dans le quartier, sur ce bébé potelé et adoré qui ne cesse de téter, sur le dernier gâteau confectionné pour les grands-mères, la sortante et l’arrivante, sur le mur de cartes postales (merci, merci de n’avoir point oublié la déracinée que j’étais)

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 et enfin, dans la mouvance du voyage, sur les fuselages et les cockpits offerts à nos regards.

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Je suis de retour maintenant.

Tout me manque déjà : le bébé, les enfants, le partage, cet écrin vert qu’est West Hartford, le rythme des grillons chaque nuit, comme une deuxième respiration, l’oxygène et les arbres, et les promenades avec Elisabeth.

Je trouve ma ville étroite, pleine de trottoirs (sic !), un peu sale, sans air, sans directions. J’ai un peu de mal.

Mon appartement me paraît encombré, vieillot, peu adapté à mes envies.

Bref, j’ai envie de repartir, d’aller voir ailleurs si j’y suis.

C’est très ingrat pour tous ceux et celles (surtout celles) qui, ne m’ayant pas oubliée, m’ont fait une petite fête de retour.

Mais il faut sans doute le temps que je me réinstalle dans ma vie d’ici, si pleine de charme d’habitude.

 

Je joins deux albums à ce post.

 

Et je vous donne rendez-vous à mon prochain rayon de soleil.

God bless you.

 

 

Posté par Alberte-Marie à 13:35 - Commentaires [5]
23 septembre 2011

Aller dans le Vermont, au bord du lac Champlain

 

Quelques photos, mais pas tant.

Il fallait profiter des instants donnés, comme ça, à la régalade.

Nous avions loué un bungalow, une maisonnette au bord du lac.

Et des amis, habitant le Canada, nous y ont rejoints.

Quand on arrive, il y a cet instant fugace où notre cerveau compare la réalité à toutes les fictions qu’on a déjà vues sur le thème. Et le cliché résiste à la comparaison. Ici, le bois de façade a été coloré en rouge, le toit vaguement verdi par les mousses, la véranda sur le devant avec ses seuls grillages anti-moustiques et ses fauteuils en rotin, le tout entouré de gazon et d’arbres à profusion.DSC00021 1

Une petite Vierge en plastique blanc protège les lieux dans cet espace à la fois arrangé et sauvage. On s’empressera de lui offrir un bouquet.DSC00032 1

Et nous avons joué les petits trappeurs, faisant semblant d’aller pêcher en barque, kayakant aussi souvent que possible, tantôt sur le lac tranquille, le dernier matin bravant une risée qui le rendait plus agité, nous baignant comme on accomplit un exploit, pour trouver que le plaisir de l’eau est toujours au rendez-vous.

Nous avons passé de bonnes soirées à cuire des tartes et à écouter la vie des autres.DSC00126 1

J’ai passé de bons moments à explorer les alentours avec Elisabeth en landau.

Au fond quelque chose comme des moments heureux qui n’auraient pas d’histoire.

La présence du lac était apaisante. Le premier soir, il faisait très froid, un fort vent soufflait et nous entendions les vagues s’abattrent sur le bord, en contrebas. Mais nous n’avons pas eu le temps d’aller voir, juste celui de nous installer avant le nuit, de prendre nos repères dans ce bungalow, tout de bois, chaud et accueillant, avec des éléments pour le moins inattendus, comme des coquetteries hors de propos mais qui le rendait encore plus avenant.DSC09979 1

Chacun y trouva sa place et déjà les hommes investissaient la cuisine pour nous mijoter un bon ragoût de bœuf pendant que les oies criaillaient sur la petite île en face, comme les chiens aboient dans la nuit.

 

Le lendemain nous a offert le paysage en son entier. Ce lac que nous voyions dans sa largeur (il est très long dans l’autre sens) et, sur la rive d’en face, un étagement irrégulier de montagnes, comme une frontière lointaine et bienveillante : les Adirondacks. Autour du lac, des arbres, que des arbres. Cela donne l’impression qu’il nous appartient, que personne d’autre n’y a accès, un fort sentiment de « privacy ».DSC00076 1

 

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En face, deux petites îles se succèdent, juste assez près pour nous servir de terrain de jeu, juste assez loin pour nous donner l’impression d’accomplir un exploit.

A part cela, je l’ai dit, les temps heureux n’ont pas d’histoire.

Elisabeth a pris quelques tétées dehors, face au lac, et ça lui a posé des couleurs sur ses grosses joues. Et juste à l’endroit où était posé le fauteuil bleu, un pin était tout à fait semblable à une œuvre de Georgia O’Keefe dont j’avais ramené l’affiche du Musée la semaine précédente. Il suffisait pour cela de lever la tête.

J’ai profité de ces jours pour continuer mes petites collections et ramasser quelques graines d’arbres. Mais c’est une tâche difficile, les écureuils sont plus rapides que moi : passer après eux est comme arriver après une orgie !

Il y avait là, mais je n’ai pas pris de photos, deux sortes d’écureuils, des petits gris et d’autres, plus petits encore, dont le dos est rayé de noir et brun et que les Canadiens appellent les Petits Suisses.

Je n’aime pas beaucoup parler nourriture sur ce blog, mais puisqu’on parle de Canadiens et sans doute plus spécifiquement des Montréalais, ils ont coutume, à cette saison, de s’offrir une « épluchette de blé d’Inde ». L’expression nous a tellement plu que nous l’avons mis à exécution sur le barbecue . Il s’agit tout bêtement de faire cuire les épis de maïs dans leurs spathes et de les en libérer au moment de les manger ! Ça fait manger cochon, mais on était dehors.

 

Il fallut repartir.

Les ponts couverts sont, paraît-il, indiqués sur la carte. Nous en avons pourchassé un qu’Irène avait un peu malmené mais qui avait gardé l’essentiel de sa structure. Chouette moment car notre curiosité a rendu curieux les riverains et nous avons eu droit à leurs histoires d’inondation, d’assurance, d’immobilier et autres questionnements sur leurs activités agricoles.DSC00162 1

N’empêche, le Vermont, et peut-être le New-Hampshire à côté avec ses drôles d’hôtels* , est un état particulier dans le groupe que constitue le New-Britain. C’est un état décontracté, babacool, où l’on voit plus facilement une autre Amérique, un peu plus marginale, un peu plus libre, fantaisiste, un peu moins classique. On le sent, il y souffle une façon de vivre différente. C’est une chose que je n’ai pas senti dans le Maine par exemple.

Bref, ça valait le coup de sortir du Connecticut, de traverser le Massachusetts pour se rendre dans le délicieux Vermont au bord du lac Champlain.

Nous en sommes revenus pleins d’énergie et un peu rêveurs.

 

A bientôt, folks.

 

*ref faite à un livre de John Irving, l’Hôtel New Hampshire

 

P.S. Les albums photo bientôt en ligne

 

Posté par Alberte-Marie à 23:05 - - Commentaires [0]
09 septembre 2011

Un peu d'automne dans l'été

Et la vie continue.

Maintenant je suis nounou en titre à mi-temps. Biberons, doux câlins, chansonnettes, habillage et risettes ponctuent ces longues matinés.

Elisabeth se laisse faire ou de temps en temps trompette son mécontentement comme tous les bébés et là, il faut résoudre l’énigme : faim, mal au ventre, énervement, envie de dormir ou le contraire ? On cherche, parfois on trouve.

Et puis l’automne s’invite dans l’été et la pluie rafraîchit l’atmosphère.

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Nous continuons nos promenades.     DSC09830

Parfois elles ont un but précis, comme un fil d’Ariane qui continue à se dévider presque malgré nous.

J’avais oublié, complètement, que Marguerite Yourcenar avait habité Hartford, la ville où je me tiens justement, pendant plus de 10 ans. Une période assez sombre et triste de son parcours dit sa biographe Josyane Savigneau, car malgré la lumière de l’amour partagé avec Grace Frick, les temps étaient durs. C’était la guerre. Nombre d’amis restés en Europe, pas d’argent, pas de perspectives d’en gagner, etc.

A cette époque donc, toutes deux vivaient à Hartford au 549 Prospect Avenue que nous sommes allées repérer, Elisabeth, son landau et moi. Photos.   DSC09786

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Marguerite disait de Hartford que c’était « une ville assez inintéressante à environ 160 km de New-York, réactionnaire, chauviniste et Protestante, avec une touche de savoir-vivre ».

Toujours est-il que j’apprends, dans la foulée, qu’à cette époque à Hartford, existait un monsieur très bien, « Chick » Austin Jr, qui s’efforçait justement de donner à cette ville  quelques lettres de noblesse culturelles et le faisait en prenant des risques.

Une brève collaboration s’ensuivit entre Chick Austin et Marguerite Yourcenar. Elle écrivit à sa demande un livret de ballet qui ne plût pas franchement au public : texte trop libéré je pense, trop affranchi de la bienpensance.

Mais bon, ce qui n’a pas manqué d’attirer mon attention c’est que Chick (ici on n’est pas formaliste, tout le monde s’appelle par son prénom), à la suite de son voyage de noces à Venise, sa femme étant fortunée, s’est fait construire à Hartford une villa palladienne. Elle se situe au 130 Scarborough Street ce dont, évidemment vous vous fichez éperdument, mais pas moi car je peux y aller en poussant le landau.

Résultat : une façade très dégagée et très plate, sans cette véranda ouverte qui donne tant de charme aux maisons d’ici, une réalisation très formelle : on aime ou pas.

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Plus de fil d’Ariane pour le moment, mais le projet d’aller voir un lieu un peu marginal de la culture : Real Art Way, où il se passe sans doute des choses intéressantes et en dehors des circuits habituels.

Je vous raconterai.

 

Tchao.

 

Posté par Alberte-Marie à 19:30 - - Commentaires [0]

01 septembre 2011

rêve accompli

 

Aller “là-bas” était un rêve vieux de 25 ans au moins !

On se demande parfois ce qu’il faut de patience, d’illusion, de foi, de désir profond, pour que les rêves restent accrochés à nos consciences tels des amibes et attendent l’opportunité qui les verra se réaliser.

Mais cette machine-là est fantasque aussi et instable.

Passons à l’action : vous raconter mon rêve ou plutôt comment je l’ai réalisé.

Très simplement si l’on veut, il suffisait d’y aller justement.

Où ça ? Dans l’île des Monts Déserts. Dans l’état du Maine contigu au Canada, donc au nord-est des Etats-Unis, plus au nord que les grands lacs en latitude.

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C’est une île un peu comme une patate fendue presque en deux par un « fjord ». D’un côté les côtes, les plages de coquillages  et les petits  ports ainsi que les fameux monts déserts, de l’autre les forêts, les lacs et encore des côtes.

Au milieu ou au bord de tout cela quelques villages, mais surtout des cottages cachés au milieu des arbres, annoncés par un arrangement étudié de fleurs, de massifs taillés.

Pourquoi m’imposer 700 à 800 km de route en Greyhound et en voiture de location pour aller là-bas ?

Pour voir enfin de mes yeux le lieu où vivait Marguerite Yourcenar.Palper l’énigme de ce lieu, de ce choix de bout du monde, la réalité tangible de ce lieu, la confrontation entre ce que j’en imaginais et la réalité.

Ce lieu, cette maison, s’appelle Petite Plaisance. Elle l’a acquis avec son amie Grace Frick en 1950 c’est-à-dire avant la parution des Mémoires d’Hadrien et y a vécu depuis lors. Des journalistes littéraires sont venus l’y interviewer, lui parler, la photographier discrètement.

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L’une de ces confrontations, avec Matthieu Galey, qui a duré plusieurs années, a donné naissance à un livre remarquable Les yeux ouverts, qui pourtant n’a pas plu à Marguerite Yourcenar car elle s’y est sentie piégée, dénudée et pas vraiment interrogée sur ses vraies préoccupations. Mais passons. Moi, j’adore cet ouvrage, il m’enseigne à regarder autrement le monde.

Donc, me voici à mon tour à Petite Plaisance !

Vous dire que j’en suis toute émue est peu dire. Vous dire que je suis débordante de curiosité est aussi en deçà de la réalité.

Vais-je être comblée ? Au delà de mon imagination. C’est simple, j’ai eu l’impression que cette grande dame habitait toujours là, s’était juste absentée pour nous permettre élégamment d’entrer dans son intimité. Et je me suis assise dans ses fauteuils, et sur sa chaise de cuisine et encore un peu je lui préparais une ratatouille pour son retour tellement l’illusion de sa présence était grande.

Elle nous a permis de consulter ses classeurs d’iconographies, chacun dédié à une œuvre ou un personnage, de l’imaginer travaillant à sa table en face de Grace Frick, de prendre son thé quotidien face à la cheminée, de se promener dans le sous bois.

La maison n’est pas immense, toute blanche, une treille de vigne l’individualise des autres cottages. Elle est environnée d’une pelouse remarquablement tondue, sur laquelle sont implantés quelques arbres fruitiers. Du côté de la véranda toutefois, Marguerite Yourcenar a décidé de laisser ce gazon en friche de façon à ce que les herbes naturelles et naturellement fécondes en graines de toutes sortes soient un refuge pour les oiseaux : elle les verra évoluer de la fenêtre de son bureau qu’elle appelle le studio de fait, car il est jouxté d’une salle de bain.

Un petit potager, sous forme de petits lots de terre arrondis, anime l’arrière de la maison et, tout au fond, un vrai bois avec son sous-bois très moussu et parcouru d’étroits chemins qui mènent tous à quelque endroit précis.

Dedans, cela ressemble un peu à Monks House (la maison de Virginia et Leonard Woolf), une de ces maisons de gens créatifs, pleine à la fois de surprises, de fantaisie, d’originalité, et le théâtre de quelques volontés affirmées, comme toutes ces grandes gravures de Piranèse que Marguerite Yourcenar a recherchées longuement chez les antiquaires.

En même temps ce n’est pas une maison hyper cossue et qui voudrait, comme on dit en bon français, péter plus haut que son cul. C’est surtout le confort et l’utilité qui sont mis en avant.

qmunis de plaids, de châles en laine et de lampes pour lire, des meubles qui sont les réceptacles de la vaisselle, de l’argenterie  et des multiples souvenirs qui ont tous un sens particulier, et des étagères, à peu près partout où il est possible d’en caser, pour ranger les livres. Chaque bibliothèque ayant un thème précis. (7000 livres en tout)

Cela donne un intérieur à la fois cosy et assez chargé. Vivant aussi et accueillant.

Je m’en tiendrai là pour ne pas alourdir le portrait.

Ce fut une visite (nous étions 6 pèlerins) agréable, vivante, animée, riche en rebondissements, conduite par Joan Howard, une des gardiennes de la mémoire de Madame.

Je la conseille vivement à tous. Certes, c’est un peu loin, mais c’est un lieu réellement habité.

Par ailleurs, Marguerite Yourcenar a prévu une suite testamentaire : si cette maison n’intéresse plus personne, il faudra alors la vendre et utiliser les fonds au profit du WWF et de la réserve d’oiseaux du Zwin.

 

Avant cela, vite un tour aux Monts Déserts, à Petite Plaisance, vous ne le regretterez pas, croyez-moi.

 

PS : deux albums ; et le guichet des renseignements est ouvert 24/7 sur ce blog même, il suffit de cliquer sur commentaire et de poser sa question... Comme d'hab'

 

 

 

 

Posté par Alberte-Marie à 15:21 - - Commentaires [3]
30 août 2011

Boston versus Irène

Boston et Irène l’ouragan, même pas peur !

 

La petite famille de Hartford est venue me rejoindre à Boston malgré la menace d’Irène. Mais toutes précautions avaient été prises. Et, au pire, nous restions à Boston une nuit de plus s’il le fallait.

 

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Ah, les voir arriver m’a été d’une grande joie ! Enfin j’allais pouvoir communiquer et choisir et m’interroger avec eux. Enfin, si Juliette me laissait en placer une !

Donc il fut question de nourrir le bébé sitôt débarqués. Je proposais les bords de la Charles river tout proches.

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Ensuite nous allâmes nous-même nous restaurer dans un restaurant français, un vrai, et ce fut un régal. Nous vous conseillons l’adresse :

La Voile, 259  Newbury Street, dans le quartier Back Bay.

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Puis il s’est mis à pleuvoir pour le restant de la journée.

A l’autre bout de la ville nous attendait l’ICA. Avec C et A dans son sigle, attendez-vous à quelque chose concernant l’art contemporain.

Le lieu, l’environnement de ce lieu étaient un vrai plaisir. Plus près de l’embouchure de la rivière, une délicieuse odeur de varech imprégnait l’air, quelques marins d’eau douce discutaient près d’un magnifique voilier et nous, n’était la pluie, nous aurions bien fait durer la ballade plus longtemps tellement nous étions revigorés, heureux, légers, excités, papotant à qui mieux mieux.

 

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Bon enfin, on se décida à entrer dans la structure de verre du bâtiment panoramique de l’ICA. Direction le 4ème étage dans un ascenseur qui avait les dimensions d’un studio parisien.

Et puis vous savez comment ça marche : une expo temporaire, en l’occurrence sur le thème du disque vinyle, et des salles permanentes, chaque section étant sous l’égide de généreux mécènes.

Je ne vais pas, je ne peux pas, je ne me sens pas le courage de vous compter par le menu ce que nous avons regardé avec plus ou moins d’attention. Comme d’habitude, certaines oeuvres nous touchent plus que d’autres et comme d’habitude votre propre sensibilité n’est pas la même que ceux qui vous accompagnent.

Toutefois, Mona Hatoum avait encore frappé avec sa dormeuse surdimensionnée en métal tressé et sa pièce intitulée Pom Pom city qui consistait en un carré parfait tissé large en cordelettes de laine, lesquelles finissaient chacune, à partir du bord de ce carré, en une myriade de sinuosités, chacune terminée par un pompon de laine, le tout décrivant un cercle d’environ 4m  de diamètre.

Le mieux c’est de vous montrer la photo, issue de ce site :

http://khipus.org/ fort intéressant pas ailleurs.

 

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Une autre œuvre m’a beaucoup touchée ; elle émane de l’artiste colombienne Doris Salcedo.

Voici l’image.

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Il est curieux de voir déposées des chaussures dans de petites niches creusées dans le mur, et cachées par une peau, rendue légèrement translucide, de sorte qu’on voit un peu la silhouette des chaussures, et cousue à même le mur avec du fil chirurgical. Evidement ce qui me plaît là-dedans est à mille lieux de ce que veut dire l’artiste, car en fait son œuvre montre les dégâts causés par les disparitions politiques de personnes en Colombie. Moi, ce que j’aime, c’est cette tentative de masquage d’une vérité triviale ou touchante.

Je ne parlerai plus que du thème des photographies de Catherine Opie : « Empty and Full ».

Chacun finalement peut convenir de ce qui est plein ou vide…

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Après avoir traîné nos guêtres dans un magasin rupin et catastrophiquement cher, installé dans un entrepôt chicos, où on fait semblant de ne pas vous regarder alors qu’on guette toutes vos réactions, nous sommes allés nous acheter des crab cakes dans une brasserie bien ricaine et sympathique et nous avons repris la route vers le typhon.

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C’est vrai, Irène nous attendait bien sagement, avec sa pluie continue, son ciel sombre comme une nuit et sa menace pour les heures à venir.

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Nous avons passé une nuit à attendre les symptômes violents, puis une matinée à essayer de plonger notre œil dans celui du cyclone…bon, d’accord, on a reçu quelques feuilles d’arbre dans la figure et de la pluie encore et on a entendu le vent souffler et on est allé le regarder de plus près, mais, à part qu’il était tournoyant, il ne valait pas un de nos bons mistrals sans concession.

Alors, on était drôlement déçus.

Finalement, le tremblement de terre, quelques jours avant, nous avait procuré plus d’émotion. Foi de Capitaine Haddock !

 

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui.

Mon prochain post vous racontera l’île des Monts Déserts.

Have a nice one, folks. 

 


 

 

Posté par Alberte-Marie à 00:03 - - Commentaires [1]
21 août 2011

Pêle-mêle

 Je revisite mes photos faites depuis mon arrivée et c’est une sorte de coq à l’âne qui en ressort aujourd’hui, sans queue ni tête et que je vous sers avec désinvolture.                                                                                       

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Du moins sait-on sûrement de quel "work in progress" il s'agît ! J'ai trouvé ça savoureux..

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Ce hand-made robot androïde tête de mort m'a aussi pas mal fait rire avec son crâne collé dans un petit pot de nourriture pour bébé. Il y en avait plusieurs dans la vitrine de l'encadreur, tous très souriants..

But, but....

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Ce n'est pas souvent que l'on voit cette non déclaration de guerre. L'engagement est beaucoup plus privé ici et pas du même ordre. La conscience en est plus diluée dans la recherche de la réussite matérielle.

       Le matin, le temps des poubelles, des écureils, des joggers et des promeneuses de chien.                                   DSC08764

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Petit troupeau dans les épilobes.... C'est du faux !

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Le petit chaperon rouge n'a pas besoin de traverser le bois, Mère-grand est là.

 

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Mes plantes ici : il y en a davantage maintenant et ça pousse bien.

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Attache-vélos : explicite et design.

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Marché propret avec, en bout d'étale, des bleuets ou blueberries.

Et pour finir, intimité .           DSC08726

 

A la prochaine fois.

Je pars sur les routes du Maine et redescents à Boston.

Je vous ferai part de mes impressions.


Posté par Alberte-Marie à 22:36 - - Commentaires [1]
19 août 2011

On monte ?

 

Ils sont tout seuls, surprenants, au milieu du gazon.

On n’a pas l’habitude de les voir ainsi. Pas reliés à une bâtisse.

Il y en a de toutes sortes. Des modestes, des pompeux, des fleuris, des engageants, des de guingois, des avec rampe, avec lanterne parfois. Des à la française.

Mais toujours tout seul. Au flanc d’une pente gazonnée.

Il y en a qu’on soupçonne de ne jamais servir, d’être là au cas où….la Reine d’Angleterre viendrait en visite peut-être, bien entretenus, prêts pour un protocole éventuel, La Visite du siècle.

Je vous en livre un certain nombre dans un album.

A vous de voir si, vous aussi, vous leur rendrez visite, vous aurez envie de les emprunter, qui sait ?

 

Posté par Alberte-Marie à 15:30 - - Commentaires [1]
15 août 2011

 

                           Le Pacificateur

 

 

Petit bébé hurlant, petit bébé cherchant le sommeil, petit bébé en quête du paradis perdu, l’état où l’on ne pleure jamais, où tout est donné, selon les besoins, du moins on l’imagine.

Enfin, dans ma famille, quand un bébé cherche, à grand renfort de torsions, de cris, de pleurs, son paradis, on lui offre nos bras, le balancement de nos corps et la promenade sans cesse refaite du tour de l’appartement. Et on fait des tours jusqu’à l’apaisement, l’endormissement, la rémission, jusqu’à ce que la tête, lourde, s’incline et puisse aller s’incruster dans l’oreiller sans oreiller du berceau.

Chacun ses petits trucs et ses habiletés  d’ailleurs. Chacun sa patience infinie.

J’ai toujours vu faire ça et je le vois encore…

Donc nous avons eu des bébés endormis à la main, si je peux le dire comme ça. Des bébés artisanaux. Des bébés MamieNova.

Jusqu’à ce que, Da-Dam ! apparaisse le Pacificateur !

Ma fille a dit qu’elle essayerait de s’en passer pour son bébé. Peine perdue. Il y en eut de toutes les tailles aux différents âges, de toutes les couleurs, des préférés, des de rechange,  dans les sacs, les berceaux, chez grand-mère,…

Mon autre fille a dit qu’elle s’en passerait pour son bébé, qu’elle n’aimait pas ça, que c’était ridicule, mais elle a un joker, c’est moi. J’hérite parfois d’un bébé tendu en arc de cercle, le cheveu collé de sueur, la face rouge et la bouche ouverte comme un dessin de manga japonais, émettant un long cri de désespoir incompris.

Et mes petits tours de grand-mère, mes chansonnettes, mes hochements, mes caresses, les mille positions adoptées tour à tour, ne viennent que très momentanément à bout de toute cette tension accumulée on ne sait trop pourquoi.

Alors j’avoue que ce matin, honte à moi, grand-mère indigne et à bout de ressources, j’ai fait appel au Pacificateur.

Il était flambant neuf dans sa coquille protectrice, déjà de  toutes les couleurs, rangé dans l’armoire à pharmacie, attendant l’occasion qui ne devait jamais venir.

Je l’ai pris, toujours avec mon petit paquet hurlant contre moi, je l’ai ébouillanté avec l’eau du thé, histoire de le décontaminer d’éventuels germes, je l’ai regardé (pas longtemps) avec espoir et méfiance à la fois, et je l’ai glissé adroitement dans la grande bouche du bébé à la recherche de la paix.

Et là, ô miracle, tout s’est apaisé en effet !

Le réflexe automatique de succion a fonctionné à plein régime, les grimaces de manga ont disparu, je n’ai même pas noté une quelconque surprise, le petit corps s’est détendu et on est passé en mode silence.

 

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 Vous l’avez compris, ce qu’ici on appelle avec pragmatisme un pacificateur (a pacifier, prononcé pacifailleûrr) n’est chez nous qu’une tétine, une totoche, le leurre parfait et honni des mamans consciencieuses, la botte secrète du dimanche matin des grands-mères à court de ressources.

Quel sera sa destiné ?

Je ne vous dis pas, suite au prochain numéro, parce que je ne pense pas que les aventures d’un Pacificateur soient vraiment trépidantes, mais si j’ai fait exception aujourd’hui c’est que j’aime ce mot de Pacifier, je trouve qu’il ennobli l’objet dans sa fonction et que, de fait, il me donne un peu moins de remords d’en avoir usé.

 

A la prochaine aventure.

 

 

Posté par Alberte-Marie à 01:37 - - Commentaires [3]