25 mars 2012

BERNARD

                                       DSC04442

 

 

Ce n’est, hélas, pas la première fois que quelqu’un meurt dans mon entourage .

Mais il y avait longtemps et, sans le savoir, sans me le dire, je m’en réjouissais.

Pourtant, quand j’ai commencé à réparer quelques ennuis mécaniques sur ma petite personne, une petite cloche a tinté, un petit avertissement en sourdine qui me disait que puisque moi j’entrais dans le cycle des réparations dues à l’usure, j’entrais aussi dans cette zone délicate où l’on peut apprendre d’un moment à l’autre qu’un autre que soi se déglingue un peu aussi…

Je me suis mise à être plus attentive à ce qu’on me racontait comme misères du corps et à regarder différemment mon environnement.

Mais bon, il y avait de la marge et je continuais malgré tout à me moquer gentiment des petits bobos récurant d’un tel ou d’un tel autre.

Bernard, lui, quand il vient et qu’il me raconte ses diverses histoires de corps atteint, il le fait avec un tel humour, un tel je-m’en-foutisme, une sorte de défi et de déni tout à la fois, une foi totale en la solidité de la bête qui en a vu d’autres, que j’ai deux attitudes face à ça : d’abord je le morigène et lui dis de prendre très au sérieux ses misères et d’arrêter de les traiter par le mépris. Et par derrière, je fais, comme lui, confiance a ce grand corps solide, rubicond, si présent, si actif, toujours en recherche de nouvelles aventures sportives, comme le golf, dernièrement.

Car, Bernard, c’est une montagne, une montagne joviale, cabotine, risque-tout, une montagne de gourmandises aussi, d’envies, de tentatives en tout genre, une montagne d’habitudes saines, ancrées, jamais abandonnées : la photographie, le camping car, le Jura, la chimie bien sûr, passionnément, Bernard c’est aussi le goût du partage, de l’échange (surtout quand c’est lui qui parle, hein, Bernard ?), l’entre aide, l’humour à chaque tournant.

Bernard c’est aussi quelqu’un qui ne se raconte pas d’histoires, simple, volontiers volubile sur sa jeunesse, ses premiers attachements, sa famille, quelqu’un de fidèle quoi !

Qui ne se raconte pas d’histoire : et bien justement, quelle a pu être la teneur de ses pensées, ces derniers jours, quand il a vu, indéniablement, que tout foutait le camp, oui, qu’est-ce qui s’est passé dans sa tête solide où le fard n’existe pas ?

Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas mais je souhaite de tout mon cœur qu’il ne s’est pas senti abandonné, que, comme le disait son tout dernier mail, il savait que l’on pensait à lui, intensément, qu’on était là, quelque part, par la pensée, sur cette fréquence d’onde encore inconnue de la Physique et qui tente parfois de communiquer à distance, de transmettre de la force, du courage, de l’amour comme de l’amitié, qui accompagne.

 

On ne t’a pas lâché, Bernard, sache-le, on était là dans l’ombre et déjà le parfum des meilleurs instants se répandait tout alentour. J’espère que tu l’as senti ; mieux, je n’en doute pas.

 

So long, cher camarade .

Enfin, j’ajoute, et ne suis pas la seule à le ressentir, que ta manière brutale et cavalière de nous fausser compagnie, et qui te ressemble si peu, nous laisse désemparés et un brin colère.

Mais quand même on te la souhaite bonne et heureuse ton éternité.

So long !


                                           MVC-108X



Posté par Alberte-Marie à 11:21 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires sur BERNARD

    Un homme sympathique et enjoué avec lequel j'avais pris plaisir à parler le jour de ton anniversaire. La vie c'est une chose extraordinaire sauf à la fin, ou bien quand ça part dans de mauvaises directions physiques, morales, ou affectives. Qu'il repose en paix dans la mémoire et l'affection de ceux qui lui étaient proches et attachés...

    Posté par Pierre, 25 mars 2012 à 12:17
  • Défaut

    Et oui... il nous fait déjà défaut, son grand rire qui dégringole comme un torrent de cailloux...
    Partir c'est toujours difficile, même si ceux qui restent trouvent ça encore plus difficile. Il a voulu partir sur la pointe des pieds.
    Rest In Peace, Bernard.
    On t'aime beaucoup,

    Juliette

    Juliette

    Posté par Juliet M, 25 mars 2012 à 17:07
Poster un commentaire