23 septembre 2011

Aller dans le Vermont, au bord du lac Champlain

 

Quelques photos, mais pas tant.

Il fallait profiter des instants donnés, comme ça, à la régalade.

Nous avions loué un bungalow, une maisonnette au bord du lac.

Et des amis, habitant le Canada, nous y ont rejoints.

Quand on arrive, il y a cet instant fugace où notre cerveau compare la réalité à toutes les fictions qu’on a déjà vues sur le thème. Et le cliché résiste à la comparaison. Ici, le bois de façade a été coloré en rouge, le toit vaguement verdi par les mousses, la véranda sur le devant avec ses seuls grillages anti-moustiques et ses fauteuils en rotin, le tout entouré de gazon et d’arbres à profusion.DSC00021 1

Une petite Vierge en plastique blanc protège les lieux dans cet espace à la fois arrangé et sauvage. On s’empressera de lui offrir un bouquet.DSC00032 1

Et nous avons joué les petits trappeurs, faisant semblant d’aller pêcher en barque, kayakant aussi souvent que possible, tantôt sur le lac tranquille, le dernier matin bravant une risée qui le rendait plus agité, nous baignant comme on accomplit un exploit, pour trouver que le plaisir de l’eau est toujours au rendez-vous.

Nous avons passé de bonnes soirées à cuire des tartes et à écouter la vie des autres.DSC00126 1

J’ai passé de bons moments à explorer les alentours avec Elisabeth en landau.

Au fond quelque chose comme des moments heureux qui n’auraient pas d’histoire.

La présence du lac était apaisante. Le premier soir, il faisait très froid, un fort vent soufflait et nous entendions les vagues s’abattrent sur le bord, en contrebas. Mais nous n’avons pas eu le temps d’aller voir, juste celui de nous installer avant le nuit, de prendre nos repères dans ce bungalow, tout de bois, chaud et accueillant, avec des éléments pour le moins inattendus, comme des coquetteries hors de propos mais qui le rendait encore plus avenant.DSC09979 1

Chacun y trouva sa place et déjà les hommes investissaient la cuisine pour nous mijoter un bon ragoût de bœuf pendant que les oies criaillaient sur la petite île en face, comme les chiens aboient dans la nuit.

 

Le lendemain nous a offert le paysage en son entier. Ce lac que nous voyions dans sa largeur (il est très long dans l’autre sens) et, sur la rive d’en face, un étagement irrégulier de montagnes, comme une frontière lointaine et bienveillante : les Adirondacks. Autour du lac, des arbres, que des arbres. Cela donne l’impression qu’il nous appartient, que personne d’autre n’y a accès, un fort sentiment de « privacy ».DSC00076 1

 

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En face, deux petites îles se succèdent, juste assez près pour nous servir de terrain de jeu, juste assez loin pour nous donner l’impression d’accomplir un exploit.

A part cela, je l’ai dit, les temps heureux n’ont pas d’histoire.

Elisabeth a pris quelques tétées dehors, face au lac, et ça lui a posé des couleurs sur ses grosses joues. Et juste à l’endroit où était posé le fauteuil bleu, un pin était tout à fait semblable à une œuvre de Georgia O’Keefe dont j’avais ramené l’affiche du Musée la semaine précédente. Il suffisait pour cela de lever la tête.

J’ai profité de ces jours pour continuer mes petites collections et ramasser quelques graines d’arbres. Mais c’est une tâche difficile, les écureuils sont plus rapides que moi : passer après eux est comme arriver après une orgie !

Il y avait là, mais je n’ai pas pris de photos, deux sortes d’écureuils, des petits gris et d’autres, plus petits encore, dont le dos est rayé de noir et brun et que les Canadiens appellent les Petits Suisses.

Je n’aime pas beaucoup parler nourriture sur ce blog, mais puisqu’on parle de Canadiens et sans doute plus spécifiquement des Montréalais, ils ont coutume, à cette saison, de s’offrir une « épluchette de blé d’Inde ». L’expression nous a tellement plu que nous l’avons mis à exécution sur le barbecue . Il s’agit tout bêtement de faire cuire les épis de maïs dans leurs spathes et de les en libérer au moment de les manger ! Ça fait manger cochon, mais on était dehors.

 

Il fallut repartir.

Les ponts couverts sont, paraît-il, indiqués sur la carte. Nous en avons pourchassé un qu’Irène avait un peu malmené mais qui avait gardé l’essentiel de sa structure. Chouette moment car notre curiosité a rendu curieux les riverains et nous avons eu droit à leurs histoires d’inondation, d’assurance, d’immobilier et autres questionnements sur leurs activités agricoles.DSC00162 1

N’empêche, le Vermont, et peut-être le New-Hampshire à côté avec ses drôles d’hôtels* , est un état particulier dans le groupe que constitue le New-Britain. C’est un état décontracté, babacool, où l’on voit plus facilement une autre Amérique, un peu plus marginale, un peu plus libre, fantaisiste, un peu moins classique. On le sent, il y souffle une façon de vivre différente. C’est une chose que je n’ai pas senti dans le Maine par exemple.

Bref, ça valait le coup de sortir du Connecticut, de traverser le Massachusetts pour se rendre dans le délicieux Vermont au bord du lac Champlain.

Nous en sommes revenus pleins d’énergie et un peu rêveurs.

 

A bientôt, folks.

 

*ref faite à un livre de John Irving, l’Hôtel New Hampshire

 

P.S. Les albums photo bientôt en ligne

 

Posté par Alberte-Marie à 23:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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